La création d’une auto-entreprise se fait en ligne, par une déclaration unique auprès du guichet des formalités d’entreprises, sans passer obligatoirement par un intermédiaire. Cette démarche ouvre le régime de la micro-entreprise, dont les plafonds de chiffre d’affaires dépendent de l’activité.
Voici dans l’ordre les conditions à remplir, les pièces à réunir, la déclaration elle-même, les délais, le coût réel et les premières obligations.
Conditions pour créer une auto-entreprise et plafonds de chiffre d’affaires
Le régime de la micro-entreprise est limité par un plafond de chiffre d’affaires annuel hors taxes. Pour les revenus 2026, il est de 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. Le régime n’est perdu que si le seuil est dépassé deux années de suite.
Une activité mixte doit respecter chaque plafond séparément, plus un plafond global. Pour une entreprise nouvelle, le régime s’applique automatiquement l’année de la création et l’année suivante, et le plafond de la première année est proratisé selon le nombre de jours d’activité.
Avant de choisir ce régime, comparez-le aux autres formes d’entreprise : le cadre juridique de la création détaille ce qui change selon le statut.
Pièces et informations à préparer avant la déclaration
La déclaration demande une pièce d’identité, une adresse (domicile ou domiciliation) et une description précise de l’activité exercée, avec sa date de début. Plus la description est exacte, plus le rattachement au bon code d’activité et à la bonne caisse sociale est fiable.
Certaines activités exigent une qualification. C’est le cas de l’artisanat réglementé, où le choix du statut mérite un détour par les différences entre artisan et auto-entrepreneur.
Deux options se décident dès cette étape : le versement libératoire de l’impôt sur le revenu et la demande d’aide à la création (ACRE). Le versement libératoire se demande au plus tard dans les trois mois qui suivent la création, et il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence reste sous un seuil fixé chaque année.
Déclaration sur le guichet unique : les étapes

La déclaration se déroule en ligne, dans cet ordre :
- Création d’un compte, puis choix de l’entreprise individuelle et du régime micro-entrepreneur.
- Saisie de l’identité, de l’adresse et de l’activité, puis des options fiscales et sociales (versement libératoire, ACRE).
- Ajout des pièces justificatives, signature électronique et validation du dossier.
Le dossier est ensuite transmis aux organismes concernés. Une erreur sur l’activité ou sur l’adresse se corrige par une modification ultérieure, mais elle retarde les premiers échanges avec l’administration.
Délais pour obtenir le SIRET et démarrer l’activité
Après la validation, l’INSEE attribue le numéro SIRET et le code d’activité (APE), puis l’espace personnel de l’URSSAF devient accessible pour déclarer le chiffre d’affaires. Le délai d’attribution varie selon la charge des services, et le dossier suit son état d’avancement dans le compte créé à la première étape.
Facturer suppose d’avoir le SIRET, qui doit figurer sur les devis et factures. Si le numéro tarde, le guichet unique et les services de l’INSEE restent les interlocuteurs à relancer, dossier en main.
Coût de la création d’une micro-entreprise et frais annexes

La déclaration peut se faire directement sur le site officiel, sans intermédiaire. Des services payants proposent de s’en charger à votre place : ils font gagner du temps sur la saisie, mais n’ajoutent rien aux droits que donne le statut. Pour comparer ces offres, les outils de création en ligne sont passés en revue sur le site.
Les frais réels viennent surtout d’ailleurs : domiciliation si vous ne travaillez pas de chez vous, compte bancaire pour l’activité, et assurance obligatoire pour certains métiers. Dans le bâtiment, par exemple, le coût de l’assurance décennale pèse plus que toute formalité.
Premières obligations après la création
Le micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, même quand il est nul. Sans chiffre d’affaires pendant 24 mois ou 8 trimestres, l’entreprise peut être radiée. Il tient aussi un registre des recettes et émet des factures conformes.
Côté impôt, la règle par défaut est l’imposition du revenu après un abattement forfaitaire : 71 % pour la vente, 50 % pour les services commerciaux et 34 % pour les professions libérales, avec un minimum de 305 €. Avec le versement libératoire, l’impôt est payé avec les cotisations, au taux de 1 % pour le commerce, 1,7 % pour les autres activités commerciales et 2,2 % pour les professions libérales.
Le montant exact des cotisations dépend de l’activité et de l’ACRE : les charges de la première année sont détaillées dans un article dédié.
La première déclaration de chiffre d’affaires est la première échéance à ne pas manquer, car elle fixe le rythme (mensuel ou trimestriel) choisi à la création.